️ INCENDIES, SÉCHERESSE, ORAGES : LES VOSGES DOIVENT PASSER DE LA RÉACTION À L’ANTICIPATION
Depuis le 7 août, l’ensemble du département des Vosges est placé au niveau « crise sécheresse », le niveau le plus élevé du dispositif. Les débits des cours d’eau restent très faibles, les nappes phréatiques continuent de baisser et les précipitations attendues ne permettront pas de reconstituer durablement la ressource.
En quelques semaines, les Vosges ont été confrontées à une succession d’événements climatiques qui montrent que notre territoire change.
À Saint-Dié-des-Vosges, le mois de juillet a enregistré 15 journées à plus de 30 °C. La température moyenne a atteint 22,7 °C, soit 2,6 °C de plus que la moyenne observée depuis 2015. Dans le même temps, il n’est tombé que 27 mm de pluie, contre 90 mm en moyenne depuis 1999.
Les effets sont désormais très concrets. Arboriculteurs, maraîchers et horticulteurs vosgiens constatent des cultures fragilisées par la chaleur et le manque d’eau. Des fruits tombent prématurément, certaines plantes souffrent fortement et, pour certaines légumineuses cultivées en plein champ, les pertes pourraient atteindre jusqu’à 50 %.
Cette sécheresse a également favorisé plusieurs incendies de végétation, notamment à Vagney, Le Tholy et Saint-Nabord, conduisant les autorités à prolonger jusqu’au 1er septembre l’interdiction des feux d’artifice et des feux festifs.
Et pourtant, quelques heures de pluie ont suffi à provoquer de nouveaux dégâts. Vendredi soir, de violents orages ont entraîné au moins 50 interventions des sapeurs-pompiers autour de La Vôge-les-Bains : arbres couchés, routes obstruées, infiltrations d’eau et bâtiments publics endommagés, notamment à Bains-les-Bains.
Ces événements ne sont plus des exceptions. Ils deviennent plus fréquents, plus intenses et plus coûteux.
À chaque épisode, ce sont les communes qui se retrouvent en première ligne : sécuriser les routes, protéger les habitants, remettre en état les bâtiments publics, financer des travaux d’urgence et accompagner les sinistrés.
Les petites collectivités n’ont pas les moyens de faire face seules à cette nouvelle réalité.
Le Parti socialiste des Vosges demande que le Conseil départemental prenne l’initiative de construire, avec les communes, les intercommunalités, le SDIS, les services de l’État, les agriculteurs et les acteurs du territoire, une stratégie vosgienne d’adaptation aux risques climatiques.
Cette stratégie devrait notamment prévoir :
- un fonds départemental d’intervention rapide pour soutenir les communes touchées par des événements climatiques exceptionnels ;
- une cartographie des secteurs les plus exposés aux incendies, aux ruissellements, aux chutes d’arbres, aux sécheresses et aux autres risques liés au changement climatique ;
- un accompagnement technique pour aider les communes à sécuriser leurs bâtiments publics et leurs infrastructures ;
- l’adaptation progressive des écoles, collèges, EHPAD et logements sociaux aux fortes chaleurs ;
- une stratégie départementale de préservation et de partage de la ressource en eau, associant collectivités, agriculteurs, acteurs économiques et services de l’État ;
- un accompagnement des exploitations agricoles et horticoles pour adapter les cultures, les pratiques, les systèmes d’irrigation et les variétés aux nouvelles conditions climatiques ;
- le renforcement de la prévention et une évaluation régulière des moyens mobilisés pour faire face à ces nouveaux risques.
L’enjeu n’est pas seulement environnemental.
C’est un enjeu de sécurité, de solidarité territoriale, de protection des habitants, mais aussi de préservation de notre agriculture et de notre ressource en eau.
Le changement climatique n’attendra pas. Les politiques publiques non plus.
