Le Parlement a définitivement adopté la loi d’urgence agricole.
Après son adoption par l’Assemblée nationale, le Sénat a définitivement approuvé le texte ce mardi 21 juillet par 214 voix contre 111, mettant ainsi un terme à son parcours législatif.
Cette loi aura des conséquences sur l’agriculture, l’eau, l’environnement et la santé publique. Voici les principales évolutions.
Pesticides
La loi autorise, sous certaines conditions, de nouvelles dérogations permettant l’utilisation de deux pesticides aujourd’hui interdits en France.
Cette réintroduction a été proposée par la majorité sénatoriale de droite et du centre lors de l’examen du texte au Sénat, avant d’être conservée dans le texte définitivement adopté par le Parlement.
Le gouvernement justifie cette mesure par la volonté de réduire les distorsions de concurrence avec d’autres pays européens.
Cette décision soulève toutefois des interrogations sur la protection des pollinisateurs, de la biodiversité et sur les conséquences sanitaires à long terme.
Gestion de l’eau
Le texte facilite la création de retenues d’eau destinées à l’irrigation et modifie certaines règles de gestion de cette ressource.
L’objectif affiché est de mieux sécuriser les productions agricoles face aux épisodes de sécheresse.
Reste une question essentielle : comment assurer un partage équilibré de l’eau entre agriculture, alimentation en eau potable, activités économiques et préservation des milieux naturels ?
Environnement
La loi simplifie plusieurs procédures environnementales afin d’accélérer certains projets agricoles.
Si cette simplification vise à réduire certaines lourdeurs administratives, elle conduit également à un allègement de plusieurs garanties environnementales, notamment en matière de biodiversité et de protection des milieux naturels.
⚖️ Et maintenant ?
Les parlementaires de gauche ont annoncé une saisine du Conseil constitutionnel afin qu’il examine la conformité de plusieurs dispositions de cette loi avec les principes de protection de l’environnement inscrits dans notre Constitution.
Et dans les Vosges ?
Cette loi intervient alors que l’agriculture vosgienne fait déjà face à de profondes mutations.
Moissons avancées, sécheresses plus fréquentes, stress hydrique, risques d’incendie : le changement climatique n’est plus une hypothèse.
Notre département possède une agriculture diversifiée, fondée sur l’élevage, les productions de qualité, la forêt et un réseau d’exploitations familiales.
Ces défis méritent une véritable stratégie de long terme, construite avec les agriculteurs eux-mêmes et adaptée aux réalités des Vosges.
Les orientations que souhaite porter le Parti socialiste des Vosges
- Garantir des prix rémunérateurs et un revenu digne.
- Défendre une concurrence loyale.
- Investir dans la recherche, l’innovation et l’adaptation au changement climatique.
- Préserver durablement la ressource en eau.
- Soutenir l’élevage vosgien, les productions locales et la transformation sur notre territoire.
- Faciliter l’installation des jeunes agriculteurs.
- Développer les circuits courts.
- Accompagner la transition écologique avec les agriculteurs, dans le dialogue et l’innovation.
Ces orientations n’ont pas vocation à être figées. Elles constituent une base de travail que le Parti socialiste des Vosges souhaite enrichir avec les agriculteurs, leurs organisations professionnelles, les élus locaux, les associations et l’ensemble des acteurs du monde rural.
L’agriculture vosgienne est un atout majeur pour notre département. Son avenir mérite mieux que des débats caricaturaux : il mérite une vision, des investissements et un dialogue permanent avec celles et ceux qui nous nourrissent chaque jour.
