Les Vosges viennent de passer au niveau « crise sécheresse »
sur l’ensemble du département, le niveau le plus élevé du dispositif préfectoral.
Cette décision entraîne des restrictions importantes pour les particuliers,
les collectivités, les entreprises ou encore les agriculteurs.
Mais derrière ces mesures d’urgence se cache une question beaucoup plus profonde :
Les Vosges disposeront-elles demain d’une ressource en eau suffisante pour répondre
durablement aux besoins des habitants, de l’agriculture, de l’industrie et du tourisme ?
Pendant longtemps, notre département a été considéré comme le
« château d’eau » du Grand Est.
Pourtant, les nappes se rechargent plus difficilement, les périodes de sécheresse
se multiplient et les débits des cours d’eau diminuent plus tôt dans l’année.
Le classement de l’ensemble des Vosges au niveau « crise » constitue donc un signal
particulièrement fort.
Car la question n’est plus de savoir si le changement climatique aura des conséquences
dans notre département.
Il est déjà là.
Vittel et Contrexéville : les tensions autour du partage de l’eau
Le cas de Vittel et de Contrexéville illustre parfaitement ces nouvelles tensions
autour de l’eau.
Chaque année, plusieurs milliards de bouteilles de Vittel, Contrex et Hépar sont
produites dans l’ouest vosgien, faisant du bassin de Vittel-Contrexéville l’un des
plus importants sites européens d’embouteillage d’eau minérale et représentant
plusieurs centaines d’emplois directs et indirects pour notre territoire.
Cette activité constitue une richesse économique majeure pour les Vosges.
Mais elle soulève aussi des questions légitimes sur le partage de la ressource.
Dans le secteur de Vittel-Contrexéville, les communes et les industriels prélèvent
environ 3 millions de m³ d’eau par an dans la nappe des Grès du Trias
inférieur, alors que celle-ci présente un déficit estimé à environ
1 million de m³ par an, soit l’équivalent de près de
400 piscines olympiques.
Les Vosgiens ont le droit de savoir :
- quels volumes sont prélevés ;
- par quels acteurs ;
- pour quels usages ;
- comment évoluent les nappes ;
- quels efforts sont demandés à chacun.
La transparence est une condition indispensable à la confiance.
Une agriculture vosgienne directement concernée
L’agriculture vosgienne est elle aussi directement concernée.
Contrairement à d’autres régions françaises, notre département reste majoritairement
tourné vers l’élevage et les prairies, avec relativement peu d’irrigation.
Mais les sécheresses répétées fragilisent les exploitations :
- baisse des rendements fourragers ;
- difficultés pour l’alimentation du bétail ;
- augmentation des besoins en eau lors des épisodes de chaleur ;
- achats de fourrage de plus en plus fréquents.
Au niveau national, l’agriculture représente environ
11 % des prélèvements d’eau, mais près de
60 % de l’eau réellement consommée durant l’été, même si la situation
vosgienne est différente du fait de la prédominance de l’élevage.
Nos rivières souffrent également
La Meurthe, la Moselle, la Vologne, la Plaine ou le Madon connaissent désormais
régulièrement des épisodes d’étiage sévère dès le début de l’été.
C’est précisément la baisse des débits des cours d’eau et des nappes qui a conduit
le préfet à placer l’ensemble du département au niveau
« crise sécheresse ».
Pour le Parti socialiste des Vosges, l’eau doit être considérée comme un bien commun
Le Parti socialiste des Vosges propose :
-
la publication annuelle d’un bilan départemental de l’eau,
indiquant clairement les volumes prélevés par les particuliers, l’agriculture,
l’industrie et les eaux minérales ; -
la création d’un Observatoire vosgien de l’eau associant
collectivités, agriculteurs, industriels, associations environnementales
et scientifiques ; -
un grand plan de réduction des fuites des réseaux d’eau potable afin d’éviter
de perdre une ressource devenue précieuse ; -
la protection et la restauration des zones humides, tourbières et têtes de bassin
versant, véritables châteaux d’eau naturels des Vosges ; - un accompagnement renforcé des agriculteurs face aux sécheresses répétées ;
- le développement de la réutilisation des eaux usées traitées lorsque cela est pertinent ;
- une véritable planification écologique de la gestion de l’eau.
L’objectif n’est pas d’opposer habitants, agriculteurs, industriels ou territoires.
L’objectif est de garantir un partage juste, transparent et durable d’une ressource
qui devient progressivement l’un des biens les plus précieux des Vosges.
Car l’eau pourrait bien devenir, dans les prochaines décennies, l’un des principaux
enjeux politiques, économiques et sociaux de notre département.
