Le jeudi 13 août, les sapeurs-pompiers professionnels se sont mobilisés partout en France pour réclamer davantage de moyens, des recrutements et un financement durable de nos services d’incendie et de secours.
Cette colère ne date pas de cet été.
Mais après des semaines marquées en France par des incendies particulièrement violents et une très forte mobilisation des secours, elle est devenue impossible à ignorer.
Reçus par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez le 13 août, les représentants des organisations syndicales sont ressortis très déçus, estimant ne pas avoir obtenu de réponses suffisamment concrètes sur les financements et les effectifs.
Et les Vosges sont directement concernées.
Notre département connaît lui aussi davantage de périodes de sécheresse et de fortes chaleurs. Cet été encore, plusieurs feux de végétation ont nécessité l’intervention des sapeurs-pompiers.
Nous ne sommes évidemment pas confrontés aux mêmes situations que les départements méditerranéens. Mais justement : le risque évolue aussi dans des territoires qui y étaient historiquement moins exposés. Il faut l’anticiper plutôt que le subir.
Dans les Vosges, le SDIS a réalisé 28 733 interventions en 2024, soit 79 par jour en moyenne. Il comptait alors 2 873 sapeurs-pompiers volontaires et 156 professionnels.
En 2025, le département comptait encore près de 2 900 sapeurs-pompiers volontaires et 106 centres de secours.
Ces chiffres montrent une réalité essentielle : dans un département rural et montagneux comme le nôtre, le volontariat et le maillage territorial sont au cœur de notre sécurité civile.
Beaucoup de choses existent déjà et doivent être reconnues : conventions avec les employeurs pour faciliter la disponibilité des volontaires, rapports d’activité publics, programmation avec le Département, réflexion sur l’évolution des risques.
La question n’est donc pas de repartir de zéro.
La question est de savoir si nous allons assez loin et assez vite face à l’évolution des besoins.
Pour le Parti socialiste des Vosges, cette question doit désormais être pleinement posée dans le débat départemental.
Dans cette démarche, le Parti socialiste des Vosges est également disponible pour rencontrer les organisations syndicales de sapeurs-pompiers qui le souhaitent, afin d’échanger sur leur plateforme revendicative et sur les besoins spécifiques rencontrés dans notre département.
Le Parti socialiste des Vosges propose donc :
- une programmation financière pluriannuelle à la hauteur de l’évolution des missions du SDIS 88, avec une trajectoire claire et publique des moyens consacrés aux effectifs, aux équipements et aux investissements ;
- la garantie que toute évolution du réseau des centres de secours ne dégrade ni la couverture territoriale ni les délais d’intervention, notamment dans les secteurs ruraux et montagneux ;
- d’amplifier les conventions de disponibilité avec les employeurs, publics comme privés, afin qu’un nombre encore plus important de sapeurs-pompiers volontaires puisse se rendre disponible pour les interventions et les formations ;
- de faire de l’adaptation au changement climatique une priorité clairement identifiée du nouveau Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques, actuellement en préparation : feux de forêt et de végétation, sécheresses, événements climatiques extrêmes, disponibilité de l’eau, accès aux massifs, équipements et formation ;
- mettre à disposition un suivi pluriannuel et territorialisé permettant de mesurer l’évolution des effectifs, des interventions, de la disponibilité des volontaires et des éventuelles fragilités de couverture selon les secteurs du département ;
- enfin, soutenir la recherche de nouvelles ressources pour financer durablement nos SDIS.
Cette dernière question dépasse évidemment les seules Vosges et nécessite des décisions nationales.
Mais elle doit être posée.
Des parlementaires socialistes ont notamment proposé de faire davantage contribuer le secteur des assurances au financement des services d’incendie et de secours et d’étudier une contribution liée à la fréquentation touristique dans les territoires où celle-ci entraîne des besoins supplémentaires de sécurité civile.
Dans un département touristique comme les Vosges, cette réflexion mérite d’être menée jusqu’au bout : quel financement supplémentaire ces nouvelles ressources pourraient-elles apporter au SDIS 88 ?
Car les risques évoluent. Les missions évoluent. Les besoins évoluent.
Nos moyens doivent évoluer eux aussi.
Et derrière les questions de budget, d’effectifs ou de matériel, il y a un principe auquel le Parti socialiste des Vosges est profondément attaché : l’égalité territoriale.
Que l’on habite Épinal, Saint-Dié, Remiremont, Neufchâteau, Le Thillot, Bulgnéville, une vallée ou un petit village, chacun doit pouvoir compter sur des secours disponibles, proches et correctement équipés.
Remercier nos pompiers après les catastrophes ne suffit pas.
ILS SONT LÀ QUAND LE DANGER ARRIVE. À NOUS DE LEUR DONNER LES MOYENS D’ÊTRE LÀ DEMAIN.
