L’annonce de la création de Peranel, société commune détenue à 50 % par Nestlé et à 50 % par le fonds d’investissement américain Platinum Equity, ne peut être analysée sans revenir sur l’histoire récente de Nestlé Waters dans les Vosges.

Car ce dossier ne commence pas aujourd’hui.

En 2023, la restructuration de Nestlé Waters s’est traduite par 171 suppressions de postes, quatrième réorganisation depuis 2019 selon les élus qui suivaient le dossier. Pour les salariés et leurs familles, ces annonces ont représenté un nouveau choc après des années de réductions d’effectifs.

Dès cette époque, Christian Franqueville, ancien député et maire de Bulgnéville, alertait publiquement sur les conséquences économiques de cette stratégie. Il rappelait que les deux sites de Vittel et Contrexéville étaient passés d’environ 3 000 salariés à seulement 721, avec un effectif appelé à tomber autour de 500 après la mise en œuvre du plan social.

Le Conseil municipal de Bulgnéville adoptait alors une motion demandant :

  • le maintien des emplois ;
  • un véritable plan de réindustrialisation compensatoire pour le territoire ;
  • la création d’un comité de pilotage associant l’État, Nestlé et les élus locaux ;
  • le soutien aux salariés et à leurs représentants.

Dans le même temps, Christian Franqueville adressait un courrier à la préfète des Vosges ainsi qu’aux maires concernés afin d’obtenir une mobilisation collective. Ces démarches sont restées sans réponse.

Aujourd’hui, aucun nouveau plan social n’est annoncé avec la création de Peranel. Mais l’arrivée d’un fonds d’investissement intervient après plusieurs années de restructurations successives. Dans ce contexte, l’inquiétude des salariés et du territoire est parfaitement légitime.

Les sites de Vittel et Contrexéville représentent bien plus que des usines. Ils constituent un pilier de l’économie vosgienne, des centaines d’emplois directs et indirects, un savoir-faire reconnu et une ressource en eau exceptionnelle qu’il convient de préserver.

Le Parti socialiste des Vosges demande donc que cette nouvelle étape s’accompagne d’engagements clairs :

  • aucune nouvelle remise en cause des emplois et des sites vosgiens ;
  • un programme d’investissements industriels garantissant l’avenir de Vittel et de Contrexéville ;
  • une information transparente des représentants des salariés et des élus ;
  • une protection exemplaire de la ressource en eau.

Les alertes existaient déjà en 2023. Trois ans plus tard, elles demeurent d’une brûlante actualité.

Les Vosges n’ont pas besoin de nouvelles incertitudes. Elles ont besoin d’une véritable stratégie industrielle, d’emplois préservés et d’engagements concrets pour leur avenir.