Moissons avancées de plusieurs semaines, épisodes de sécheresse, stress hydrique,
risques d’incendie jusque dans nos campagnes : l’agriculture vosgienne est déjà
confrontée aux conséquences bien concrètes du changement climatique.

Les agriculteurs s’adaptent déjà : évolution des pratiques, adaptation des cultures,
nouvelles méthodes de travail, réflexion sur la gestion de l’eau et anticipation de
risques autrefois peu présents dans notre département.

Mais chacun le constate désormais : l’adaptation individuelle ne suffira pas.

Face à l’ampleur des bouleversements en cours, certains évoquent désormais la nécessité
d’un véritable
« Plan Marshall » pour accompagner l’agriculture française et européenne face aux bouleversements climatiques.

Alors même que l’Europe consacre déjà des moyens considérables à son agriculture à
travers la Politique agricole commune, trop d’agriculteurs peinent encore à vivre
dignement de leur travail. La question n’est donc pas seulement celle des aides, mais
aussi celle de leur répartition, du partage de la valeur, de la concurrence loyale et
de notre souveraineté alimentaire.

Cela suppose des investissements massifs dans la recherche, l’innovation,
l’accompagnement technique, la gestion de l’eau et l’installation de nouvelles
générations d’agriculteurs.

C’est dans ce contexte que s’inscrit également le débat européen sur les nouvelles
techniques génomiques (NTG). Le progrès scientifique peut contribuer à relever les
défis climatiques et agricoles de demain. Mais il ne peut pas conduire à une dépendance
accrue de nos agriculteurs envers quelques multinationales détenant des brevets sur le vivant.

En votant une déréglementation réduisant les exigences de traçabilité et d’étiquetage,
le Parlement européen a fait un choix qui interroge sur l’avenir de notre souveraineté
alimentaire et de la liberté de choix des agriculteurs comme des consommateurs.

Quelques orientations que le Parti socialiste souhaite porter dans le débat agricole

  • Garantir un revenu digne aux agriculteurs grâce à un meilleur partage
    de la valeur dans les filières agricoles.
  • Faciliter l’installation et la transmission des exploitations pour
    préparer le renouvellement des générations.
  • Investir massivement dans l’adaptation au changement climatique :
    recherche, accompagnement technique, gestion de l’eau et innovation.
  • Soutenir l’élevage et les filières locales de qualité, qui font la
    richesse et l’identité agricole des Vosges.
  • Accompagner le développement des productions de qualité et du bio,
    tout en poursuivant la lutte contre les perturbateurs endocriniens, les PFAS et les
    pollutions qui fragilisent notre agriculture comme notre santé.
  • Préserver notre souveraineté alimentaire et l’indépendance des
    agriculteurs face aux multinationales du secteur semencier.
  • Développer les circuits courts et la transformation locale, afin de
    mieux rémunérer les producteurs et renforcer l’économie rurale.
  • Construire la transition écologique avec les agriculteurs et non contre eux,
    en privilégiant l’accompagnement plutôt que les injonctions.

Face aux bouleversements climatiques qui touchent déjà nos campagnes, les agriculteurs
vosgiens ont besoin de perspectives, d’investissements et d’un cap clair.


Ces orientations ont vocation à être enrichies par le dialogue avec les agriculteurs
et leurs organisations représentatives, afin de tenir compte de la diversité des
réalités agricoles vosgiennes.

Le Parti socialiste des Vosges entend être au rendez-vous de ce défi.