Les récentes annonces concernant les hôpitaux de Bussang, du Thillot et de Gérardmer rappellent une évidence : dans les Hautes-Vosges, la santé de proximité est un enjeu majeur d’égalité entre les territoires.

À Bussang et au Thillot, un nouveau projet d’établissement prévoit le développement d’une nouvelle offre gérontologique avec le maintien d’environ 220 emplois. À Gérardmer, des travaux de modernisation sont engagés, le maintien des urgences est réaffirmé et un projet de nouvel hôpital est évoqué pour les prochaines années.

Même si ces annonces vont dans le bon sens, nous refusons que le développement de nouvelles activités se fasse au prix de la suppression des 18 lits de Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) des Hautes-Vosges et de leur transfert vers Remiremont. Dans un territoire de montagne, où les temps de trajet peuvent rapidement devenir un obstacle à l’accès aux soins, le maintien de cette offre de proximité constitue une nécessité pour les patients, leurs familles et les professionnels de santé. Ces annonces doivent se traduire par des réalisations concrètes, des calendriers respectés et des moyens financiers à la hauteur des ambitions affichées.

Au-delà des bâtiments, c’est l’avenir même de notre système de santé qui est en jeu. Aucune politique de santé ne peut réussir sans les femmes et les hommes qui la font vivre au quotidien. Les personnels soignants, administratifs, techniques et d’accompagnement doivent disposer d’effectifs suffisants, de conditions de travail dignes et d’une véritable reconnaissance. La qualité des soins dépend directement des moyens humains accordés aux établissements.

Le même engagement est nécessaire pour les résidents des EHPAD et leurs familles. Le vieillissement de la population vosgienne impose de développer un accompagnement respectueux de la dignité et de l’autonomie de chacun. Les établissements d’hébergement, les services de soins à domicile, les aidants et les professionnels de santé doivent être pleinement associés dans une véritable politique du bien vieillir.

Pour le Parti socialiste des Vosges, ces projets doivent s’inscrire dans une stratégie départementale de santé de proximité. Celle-ci doit reposer sur plusieurs priorités : renforcer durablement les hôpitaux locaux, garantir le maintien des services essentiels, notamment les urgences lorsqu’elles répondent aux besoins du territoire, développer les consultations spécialisées au plus près des habitants, améliorer l’attractivité des métiers de la santé et renforcer la coopération entre les établissements hospitaliers, la médecine de ville, les centres de santé et les services d’aide à domicile.

La santé ne peut pas être pensée uniquement sous l’angle budgétaire. Elle est un investissement pour l’avenir de nos territoires, pour l’attractivité des Hautes-Vosges et pour la qualité de vie de leurs habitants.

Parce que la santé de proximité est un droit, pas un privilège !