AFFAIRE LUCAS : LA RECONNAISSANCE DU HARCÈLEMENT DOIT NOUS OBLIGER
Lucas avait 13 ans. Il était scolarisé au collège Louis-Armand de Golbey, dans les Vosges.
Son suicide, en janvier 2023, avait profondément bouleversé notre département et bien au-delà.
La décision rendue par la cour d’appel de Paris marque aujourd’hui une nouvelle étape dans cette affaire.
La justice reconnaît que Lucas a été victime au collège de harcèlement moral, à travers des insultes homophobes répétées.
Elle n’établit en revanche pas de lien de causalité entre ce harcèlement et son suicide.
Cette décision doit être accueillie avec beaucoup de respect pour Lucas, sa famille et ses proches.
Il ne s’agit pas de récupérer politiquement un drame.
Mais cette reconnaissance judiciaire nous oblige collectivement à regarder une question en face : sommes-nous aujourd’hui capables, dans les Vosges, de repérer suffisamment tôt le harcèlement, d’entendre la parole des jeunes et de les protéger réellement ?
Des dispositifs existent.
Le programme national Phare est généralisé dans les écoles, collèges et lycées. Des procédures de signalement, des équipes ressources et des formations sont prévues. Le 3018 permet également aux jeunes, aux familles et aux professionnels de signaler une situation de harcèlement.
Dans les Vosges, des actions de prévention contre les discriminations et les LGBTphobies existent également.
Notre responsabilité n’est donc pas de réclamer encore un nouveau dispositif sur le papier.
Elle est de savoir comment ceux qui existent fonctionnent réellement sur le terrain.
Le Parti socialiste des Vosges souhaite qu’un bilan départemental régulier et anonymisé permette de connaître :
- ➡️ le niveau réel de déploiement du programme Phare dans les établissements vosgiens ;
- ➡️ le nombre de personnels effectivement formés ;
- ➡️ les délais de prise en charge lorsqu’une situation est signalée ;
- ➡️ les moyens consacrés à la prévention du harcèlement et des LGBTphobies ;
- ➡️ les actions conduites auprès des élèves et des familles ;
- ➡️ et les améliorations nécessaires lorsque des difficultés sont identifiées.
Ce bilan existe déjà dans les missions de suivi de l’Éducation nationale.
Nous demandons qu’il soit davantage rendu public et compréhensible par les familles.
Parce qu’un dispositif n’a de sens que s’il permet à un enfant qui souffre d’être entendu à temps.
Aucun jeune ne devrait avoir le sentiment qu’il doit affronter seul le harcèlement, les insultes ou les discriminations.
☎️ Victime, témoin, parent ou professionnel : 3018.
